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Nos auteurs  à découvrir à travers leurs chroniques et nouvelles.


Jean Christophe Mojard. Auteur, animateur d’ateliers d’écriture et chroniqueur.

https://editionslc.fr/produit/devant-la-glace/

Top départ pour « 20 minutes pour une micro nouvelle ». Un exercice que je propose en atelier.

La pipe

Le soir d’été apporte un peu de fraîcheur après une longue journée à lutter contre les degrés éprouvants d’un soleil d’août. Sylvain, le corps humide au sortir d’une douche glacée s’approche de la table en teck où l’attend patiemment une Churchwarden. Délicatement posée sur son support d’ébène, la pipe l’invite à l’ultime plaisir de bouffées tardives au chant des cigales qui ne cessent leur cymbalisation. À côté d’elle une allumette suscite l’envie plus que tout autre moyen d’allumage. Sylvain ne peut y résister plus longtemps. Il ouvre la tabatière d’où se dégage immédiatement le parfum sucré de l’alsbo vanilla. Lentement, méthodiquement il bourre le foyer de sa longue pipe et tasse délicatement le tabac. Sa respiration s’est accélérée sans qu’il ne s’en rende compte. Il salive du plaisir à venir. L’allumette craque alors et l’odeur de souffre vient catalyser cette envie de première bouffée. Sylvain creuse les joues, aspirant doucement et par à coup afin de bien propager la flamme. Puis sa respiration s’apaise d’elle-même tandis que dans le foyer la combustion monte en température. Il ralenti le tirage. L’aspiration se fait plus longuement. La fumée se densifie dans sa bouche avant de ressortir en volutes tout autour du tuyau. Il bascule alors sa tête en arrière. Tape l’allumette qui s’éteint et la pose dans le cendrier. S’allongeant enfin dans le transat il contemple les étoiles qu’un voile à la senteur de vanille vient troubler de temps en temps. Le temps justement est alors à lui désormais. Suspendu à ses bouffées il a cessé de courir pour le prendre sur son dos. Tout le temps que durera le fumage il n’aura plus d’emprise sur lui. Une heure peut-être, un peu moins sans doute. Mais Sylvain le sait, ce temps là pour une fois lui appartient. À lui seul.

Jean Christophe Mojard

Le poète

Faut-il souffrir autant pour devenir poète

Et souffrir davantage afin de le rester

J’épuise ma plume à la mort qui me guette

Tandis que se déverse l’encre de l’encrier

Je puise dans le spleen au doux parfum d’ancolie

L’essence de ces mots qui en moi se bousculent

Toujours à la frontière de la mélancolie

Quand s’éteint la lumière et vient le crépuscule

Si j’écris sur la mort c’est pour ne pas la vivre

À chaque vers versé c’est un autre lendemain

Une page rempart une autre puis un livre

C’est un nouvel horizon et un autre chemin

Je sais très bien ô lecteur que de mon euphorie

Tu ne perçois alors que le mal en surface

Et tu sombres peu à peu dans une dysphorie

Découvrant un nouvel homme devant la glace

Jean Christophe Mojard
Alex Kurtz auteur et chroniqueur.
On va se la jouer con, finement – II – 20 mars 2020

Ce n’est pas le moment de laisser éclater une colère pure, alors privilégions l’ironie. Car un point d’interrogation plane en Damoclès au-dessus de l’état qui ne mérite pas la majuscule.
Ce n’est pas non plus le moment des procès, mais plutôt celui des combats, immobiles pour les uns, sous un feu virulent pour les autres. Tous solidaires avec les travailleurs forcés.

C’est donc au futur qu’il faut, par sagesse, se poser certaines questions, pour l’instant : qui sera responsable ? Qui devra répondre de ses choix ? Qui a fait la sourde oreille aux sirènes de la Science ? Elle, elle mérite sûrement une majuscule. Que le système de santé tienne le coup ou non, nous savons déjà qui seront les héros de l’Histoire. Et ce n’est pas une prédiction, c’est un spoiler.

Aussi, joie est de constater qu’une quelconque théorie du complot est inutile pour révéler les absurdités véritables de la gestion-communication d’une crise : seules les contradictions illuminées suffisent.
Remontons le fil du récit, car les personnages à la tête du mauvais état sont savoureux, et les dialogues exquis. Morceaux choisis.

Le 16 mars, une certaine Brigitte s’offusque dans la presse des Parisiens sur les quais. Ceux-là même – comme aux autres – à qui la consigne téméraire d’aller voter avait été farouchement rabâchée, la veille, le 15 mars. « Parce que sinon la démocratie, elle allait mourir m’vous voyez. Et sans la démocratie, nous sommes sans défense ». Pauvre démocratie, si faiblarde qu’un report d’élections l’aurait tuée ? Choupinette. Et, en plus, le résultat : elle a mal aux urnes et le second tour est reporté.

Le 14 mars, plusieurs articles de presse (plutôt proche du people loin du peuple) relatent une ambiance propice aux boutades et autres calembours dans les couloirs du pouvoir. On s’armerait d’humour pour lutter contre la morosité dans les salons dorés. On se moquerait d’un roublard appelé Édouard qui a d’habitude « le bisou facile ». Des équipes rigoleraient de leurs ministres en futur quatorzaine (Francky, le gars de la Culture, pour exemple, les salue bien). Même qui paraît que notre couple jupitérien a pris de la hauteur. Ainsi, nos énamourés préférés se charrieraient mutuellement sur le sujet virus. D’après une source abondante, au sujet de ces chamailleries maritales : « ils sont morts de rire ». Hilarant, en effet.

Le 11 mars, un type surnommé Manu ne veut renoncer à rien. Bon, soyons honnêtes, il cherche à ce moment-là, par ces mots, à lutter contre une autre maladie : le terrorisme. Mais ça sonne quand même étrangement familier :

« Nous ne renoncerons à rien», « Surtout pas à rire, à chanter, à penser, à aimer », « Surtout pas aux terrasses, aux salles de concert, aux fêtes de soir d’été », « Surtout pas à la liberté », « Surtout pas à notre esprit de résistance qui fait la République si grande, la France si forte ».

La France est peut-être forte – ça se discute – mais au présent, par l’action/l’inaction (rayer la mention aberrante) d’un gouvernement pantouflard/dangereux (ne pas rayer de mention), elle est à l’arrêt. Et il va falloir apprendre à avancer immobile, êtes-vous prêts pour cette prouesse paradoxale ? Une autre prouesse, déjà accomplie, est quant à elle en marche. Ô miracleuh des coïncidences, Ô dérision vengeuheuresse, Ô panacheuh du destin : on pourrait bientôt reprocher à un homme politique de faire ce qu’il dit.

Le 6 mars, alors que les cas graves en France se multipliaient, alors même que notre voisine italienne basculait dans une gravité absolue à en trier les morts, Manu et Brigitte étaient au théâtre « pour montrer l’exemple aux français ». La pièce qu’on jouait ce soir-là ? « Par le bout du nez », une pièce narrant les déboires d’un président de la République victime d’une démangeaison nasale, celle-ci le rendant incapable de prendre la parole en public. Tellement gênante cette envie de gratouilles que le président – celui de la pièce toujours – en viendra à demander l’aide d’un psychiatre. Véridique. Et nous, depuis notre bas confinement, nous sommes pliés.

– Hé Manu ! Tu descends ?

On en reparlera, au temps propice. Ça aussi, véridique. Rira bien qui raillera le dernier.

Portez-vous bien, ça serait dommage de se laisser tomber.

Alex Kurtz·Vendredi 20 mars 2020·

 

Nicole Buresi Agrégée de lettres. Autrice et animatrice d’ateliers d’écriture.

Pour vous sortir un moment du confinement, je me propose de vous présenter ici mon dernier roman paru aux éditions L.C. le 3 janvier dernier, Le Testament secret de Théophraste Renaudot, roman historique pour lequel une conférence est prévue à « Connaissance et Partage » pour l’après confinement, à une date encore non déterminée.

Qui connaît Théophraste Renaudot (1586-1653) en dehors du prix littéraire qui porte son nom, et parfois de la Gazette ? Ancien étudiant à la faculté de médecine de Montpellier, ce philanthrope a pourtant mis ses compétences et sa vie entière au service de tous. Il a dû se battre avec la plus folle énergie pour les imposer et il est juste de lui rendre hommage.

Son histoire nous fait revivre un moment particulier de l’histoire de la médecine au XVIIe siècle, un moment où la faculté de Montpellier était en rivalité avec celle de Paris. Un épisode heureusement oublié aujourd’hui, mais qui rappelle combien, dans tous les domaines, les novateurs ont eu du mal à éclairer les hommes. C’était l’époque de Galilée…

Automne 1652, Théophraste Renaudot est mourant. Il prend ici la parole pour léguer son « testament spirituel » à son fils Eusèbe et à un jeune médecin venu le consulter sur le métier qu’il va exercer et lui raconte sa vie et ses combats.

À partir d’extraits du roman, entre autres, je choisis de vous présenter ici deux aspects de son œuvre, en insistant sur sa modernité :

— Sa préoccupation pour les pauvres et son refus de l’enfermement.

— Sa modernité en matière médicale.

http://www.connaissanceetpartage.net/new-blog/2020/4/21/le-testament-secret-de-thophraste-renaudot

2e partie de la présentation du roman LE TESTAMENT SECRET DE THÉOPHRASTE RENAUDOT, de Nicole Buresi.

 LA MÉDECINE CHIMIQUE ET L’ANTIMOINE

            Renaudot est un grand admirateur de Paracelse[1][i], un alchimiste atypique et rebelle, initiateur et fervent défenseur de la médecine chimique à la Renaissance. Il pensait que le corps humain est composé de sel, de soufre et de mercure et qu’il faut soigner avec les métaux : mercure, antimoine etc. Les soins que Renaudot va dispenser à Loudun, sa ville natale, comme à Paris, à partir de 1625 s’inspirent des recherches de ce médecin génial et iconoclaste, professeur à Bâle, qui osa brûler publiquement les ouvrages de Galien et Avicenne et invectiver les médecins en termes virulents ceux qui discréditaient la chimie :

            Vous êtes des imposteurs et des ignorants. Je ne vous confierais pas mon chien.

            Renaudot s’inspire aussi en cela de la médecine arabe en honneur à Montpellier dont la faculté de médecine prônait plutôt les remèdes chimiques que la saignée, les clystères et autres vomitifs recommandés par la médecine galénique en usage à Paris. Et défendait plutôt Hippocrate que Galien.

            Ayant étudié dans cette faculté, très en avance sur celle de Paris à l’époque, il est toujours resté fidèle à ses maîtres et s’est entouré, dans ses Consultations charitables, de médecins montpelliérains, eux aussi défenseurs de la médecine chimique. Il s’est ainsi fait à Paris des ennemis puissants et impitoyables dont le plus célèbre était Guy Patin, docteur régent de la faculté parisienne.

Du coup il s’est trouvé en première ligne dans la querelle célèbre appelée « guerre de l’antimoine » qui a duré cent ans : 1566-1666, et qui concerne l’utilisation de ce semi-métal, connu et utilisé dans divers domaines depuis l’Antiquité. Dans le domaine médical, le Parlement l’avait classé comme poison en 1566, et un arrêt en a interdit l’usage à cette date. Dès lors, gare aux médecins qui osent l’utiliser !

            Et Guy Patin de surenchérir :

Pour la doctrine, tout ce que les arabes ont de bon, ils l’ont pris des Grecs ; pour leurs remèdes, ils ont vécu un temps qu’il y en avait de meilleurs que du temps d’Hippocrate, mais ils en ont bien abusé, et ont introduit cette misérable pharmacie arabesque, et cette forfanterie de remèdes chauds, inutiles et superflus… Le grand abus de la médecine vient de la pluralité de remèdes inutiles, et de ce que la saignée a été négligée. Les arabes sont cause de l’un et de l’autre.

Passons sur l’ouverture d’esprit du personnage et revenons à l’antimoine. C’est un semi-métal censé purifier l’or, les animaux et les hommes. Mais la potion stibiée, proche de l’arsenic, pouvait être dangereuse. Donnée à bon escient, elle faisait ses preuves, (et remplaçait les autres purgations) : elle guérira le jeune Louis XIV en 1658, mais mal dosée, elle pouvait tuer. Paracelse l’avait déjà dit :

  tout est poison, rien n’est sans poison

            Au XVIIe siècle, Guy Patin qui rejette en bloc les nouveautés n’en voit que leur côté négatif, se plaît à traiter d’empoisonneurs tous ceux qui l’utilisent et interdit d’entrer en relation avec eux.

Plusieurs médecins, dont Théophraste Renaudot, résistent héroïquement aux attaques de ses contempteurs, ce qui lui vaudra de la part de Riolan, docteur régent parisien, le nom de « Théophraste Paracelse ». Il n’est pas le seul à être stigmatisé : Riolan n’hésitera pas à publier une longue liste de médecins qu’il accuse d’avoir empoisonné leurs malades. Quant à la faculté montpelliéraine, elle en prend pour son grade dans ses Curieuses recherches sur les escholes en médecine de Paris et de Montpellier : sur deux cents pages il la ridiculise, la juge incompétente, l’accuse de réduire la « médecine dans une charlatanerie et brigandage », « chacun faisant la médecine à sa mode, sans règle, discipline et correction ». Elle saignerait mal à propos et gaverait ses patients de substances toxiques…(S. Perez p193-194 ).

Guy Patin déclare hautement :

            La chimie n’est nullement nécessaire en médecine, et il faut avouer qu’elle fait plus de mal que de bien, vu que sous l’ombre d’éprouver des médicaments métalliques, naturellement virulents et pernicieux, avec leurs nouvelles préparations la plupart des malades ont été tués. L’antimoine seul en a plus tué que ne fait le roi de Suède en Allemagne…

Malgré tout, de hardis novateurs, persuadés de son utilité, au fil des âges sont passé outre courageusement, pas seulement à Montpellier. Avant Théophraste Renaudot, dès le 16e siècle on peut citer : De Launay (XVIe) à La Rochelle traité de baudet ; au XVIIe Joseph Du Chesne (Quercerus) qui est censuré, et Pierre Paumier qui s’est permis de donner des leçons de chimie aux apothicaires et qui a écrit : La pierre philosophale contre la doctrine d’Hippocrate, de Galien et des médecins modernes, Simeon Courteaud, Jean Chartier et surtout Turquet de Mayerne traité de fou…

            Finalement l’antimoine entrera au codex en 1638, mais ne sera véritablement reconnu qu’après la guérison « miraculeuse » de Louis XIV, en 1658. Malheureusement Théophraste est mort en 1653, après avoir été interdit d’exercer depuis plusieurs années. Il a cependant eu la satisfaction avant de mourir de voir publiée la thèse de son fils Eusèbe, L’Antimoine justifié.

EXTRAIT DU CHAPITRE XVI

Le monde semblait à Turquet riche des secrets de ces remèdes chimiques qui ne demandaient qu’à être dévoilés. Il défendait en particulier l’usage de l’antimoine dont il pouvait chaque jour constater les bienfaits, et du calomel dont il usait avec succès pour faire reculer les maladies vénériennes. Il partit ensuite pour Oxford perfectionner encore sa science et rencontra le roi Jacques 1er avant de rentrer en France où, malgré les foudres de Riolan, il devint médecin ordinaire de notre bon roi Henri.

Mais Turquet était de la religion réformée. Filleul de Théodore de Bèze, il refusa d’abjurer, lorsque l’on voulut l’y contraindre. Il n’était pas homme à céder, et comprit que l’exil valait mieux pour lui. Il trouva refuge en Angleterre, auprès du roi Jacques 1er dont il devint le premier médecin. […]

C’est à Londres que je fis sa connaissance, et c’est grâce à lui que je pus faire remettre au roi Jacques 1er mon Mémoire sur les pauvres qui, hélas, ne trouva pas d’écho à ce moment-là[…]

C’est lui aussi qui m’introduisit à l’œuvre de ce Paracelse qu’il admirait tant et qu’il contribua à faire connaître partout. Il me fit découvrir les vertus de l’antimoine

L’antimoine, on le connaissait déjà par Rhasès, célèbre médecin persan du Xe siècle, qui l’appelait athmond. Il en faisait des onguents et même des suppositoires contre les hémorragies, et le génial Avicenne l’utilisa aussi, après lui. À Montpellier, ce fut Gui de Chauliac, à la suite d’Arnaud de Villeneuve.

Ce dernier avait projeté d’en extraire un élixir de longue vie capable de rajeunir les vieillards, de fortifier les poumons, régénérer le sang et de guérir les blessures. Mais c’est Paracelse surtout qui le mettra à l’honneur. Il en connaissait les propriétés sudorifiques et purgatives et savait en extraire un remède contre le haut mal. Fervent défenseur des remèdes chimiques, il osa dire aux médecins de la Faculté :

Vous avez étudié Hippocrate, Galien, Avicenne, vous croyez tout savoir et vous ne savez encore rien. La chimie vous donne la solution de tous les problèmes de la physiologie, de la pathologie et de la thérapeutique, en dehors de la chimie, vous pataugez dans les ténèbres.

La Faculté riposta en ces termes, le 29e jour de juillet de 1566 : l’antimoine est un poison lequel doit être au rang de simples qui ont une qualité venimeuse. À cette époque, Turquet de Mayerne, cependant, continuait à le défendre, d’où la haine que les docteurs de Paris lui manifestèrent. En 1603 un décret fut pris contre sa personne et contre son œuvre. Il y était traité d’ignorant, d’homme sans aveu, en état d’ivresse et fou à lier. La Faculté chassa même de son sein des médecins qui ne partageaient pas ce jugement. En 1615, le 18 octobre, elle suppliait tous les jurys qu’ils eussent à punir très sévèrement ceux qui donneraient ces sortes de médicaments chimiques, les dispenseraient et les mettraient en vente.

Il est vrai cependant que l’on ne peut pas le prescrire de manière inconsidérée, car, comme le disait Paracelse, c’est la dose qui fait le poison. Il faut le faire de façon mesurée et réfléchie.

J’ai essayé de montrer la modernité de mon personnage. Il nous invite à la recherche de solutions à la précarité et aussi à la prudence face aux nouveaux remèdes. N’étant ni économiste ni médecin, je n’en propose aucune, je m’interroge simplement.

[1] Paracelse (1493-1541). Médecin et professeur à Bâle.

http://www.connaissanceetpartage.net/new-blog/2020/4/22/2e-partie-de-la-prsentation-du-roman-le-testament-secret-de-thophraste-renaudot-de-nicole-buresi

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